19 mars 2020
Salut Vector,
C'est difficile de garder son calme ces temps-ci. La menace du coronavirus est omniprésente, chaque source d'information (télévision, radio, journaux, Twitter) est remplie de règles changeantes, et les cartes du monde se couvrent de cercles rouges toujours plus grands. On essaie tous de modifier des habitudes ancrées dans des vies entières de relations solides, d'éviter les rassemblements, les poignées de main et les accolades. On nous encourage à considérer tout ce que nous n'avons pas lavé récemment comme étant potentiellement mortel, et à pratiquer une hygiène que nous aurions jugée pathologique il y a encore quelques jours.
Dans mon cas, je suis seul chez moi. Ma conjointe habite de l'autre côté de la frontière sud, et on ne sait pas si on va pouvoir la franchir. Il a toujours été difficile d'être séparés presque tous les jours, elle dans l'ouest de l'État de New York et moi au centre-ville de Toronto. On compte sur nos courts séjours hebdomadaires pour se soutenir les uns les autres dans nos vies et se ressourcer. Ces voyages sont maintenant impossibles : une séparation douloureuse, certes, mais prévisible et certainement moins difficile à supporter que pour d'autres.
J'ai la chance d'avoir des parents qui vivent longtemps. Pourtant, aujourd'hui, je ressens une telle menace pour eux face à ce virus. Et ça me fait mal de savoir que mes visites augmenteraient leur risque. Est-ce que j'en fais assez pour eux ? Quels conseils leur donner ?
On traverse des temps difficiles.
Mais aujourd'hui, c'est la première journée du printemps. Je regarde dehors : la ville est tranquille, les rues presque désertes. Je me dis que ces rues vides témoignent de la lutte de notre société contre la menace de ce virus. Que les gens qui s'éloignent de moi quand je sors les poubelles sont des gens qui protègent ma santé et la leur. Que nos gouvernements, partout dans le monde, soient dirigés par des êtres humains, qui aujourd'hui seront soumis à une forte pression pour réfléchir sérieusement aux besoins de notre société demain, le mois prochain et l'année prochaine, afin de se rétablir aussi vite et sainement que possible. Partout, les gens relèvent le défi et se battent avec acharnement pour s'entraider, pour nous aider tous.
Et je pense à ma famille Vector qui s'efforce de s'adapter au changement, de résister à la pression des médias, de protéger nos proches et de trouver des moyens de progresser vers notre mission commune. Je suis vraiment fier de cette équipe. Confiné à mon bureau à la maison, j'ai perçu votre force, votre calme pour trouver de l'humour autour de nous et votre professionnalisme pour trouver l'énergie et le dévouement nécessaires pour faire avancer le programme de Vector. Nous avons peut-être fermé les portes de Vector pendant quelques semaines, mais l'esprit qui fait la force de Vector est toujours présent dans nos courriels, nos appels vidéo et audio, et dans les tâches accomplies, adaptées à cette nouvelle réalité et à notre nouvelle vision de l'avenir.
Je tiens à vous témoigner ma fierté et à vous envoyer une étreinte virtuelle. Vous vous en sortez bien. On a besoin les uns des autres et on est là les uns pour les autres. Et si on ne peut plus se fier aux traditions ancestrales, comme se saluer en se croisant dans la cuisine et prendre des nouvelles de chacun, alors prenons le temps de trouver de nouvelles façons de renforcer notre engagement mutuel. Prenons le temps de se rappeler qu'on compte les uns sur les autres et qu'on apprécie le calme et la bienveillance qu'on sait présents chez l'autre, même si on ne peut plus se côtoyer et rire ensemble de petits moments partagés comme avant.
En ce premier jour du printemps, quel réconfort d'être si bien entourés pour défendre notre mode de vie face à cette mystérieuse pandémie. Merci d'être des personnes si solidaires, de faire face à ce changement et de trouver de nouvelles façons de renforcer nos liens et nos objectifs communs. Continuez à vous soutenir les uns les autres.
Sincèrement, votre ami et collègue,
Garth